Une approche Anthropologique de la valeur symbolique du cheval et des gestes associés
- Rodrigo Ezequiel Pallicer

- 1 nov. 2022
- 16 min de lecture
Introduction.
Avec ce travail, on cherche à interpréter la valeur symbolique de la figure équestre en tenant compte des regards qui se dégagent autour de l’utilisation du cheval et de sa signification à Olavarría, en Argentine. On va tenter de retrouver, à partir de l'analyse de récits et de différentes recherches, la valeur donnée au cheval dans la région et les formes grâce auxquelles il est lié à la pratique quotidienne de l’être humain et à la construction de son monde social.
Il s’agit d’éclairer les regards construits sur et autour du cheval à travers notamment son utilisation dans l’exploitation minière et les pratiques équestres liées au monde militaire (saut, polo et autres disciplines variées). Cela nous amène à nous intéresser aux gestes du quotidien des mineurs et des militaires, en cherchant à voir de quelle manière celui-ci tourne autour de l’utilisation et de la figure symbolique du cheval. Cette étude se fonde essentiellement sur les enquêtes menées par Carlos Paz sur l’utilisation du cheval dans l’exploitation minière naissante, ainsi que sur les visites et entretiens réalisés par moi-même auprès des membres du régiment de cavalerie Tanks 2 Lancers General Paz d’Olavarría. Nous allons voir comment cette valeur symbolique du cheval et les gestes associés est inhérente à l’histoire d’Olavarria. Pour cela, nous allons l’interroger à partir de trois cas d’études différents situés dans le monde du travail, sportif et militaire.
Le cheval et son utilisation comme symbole qui accompagne la conquête du territoire.

Billet de 100 pesos argentin avec une illustration faisant allusion à la peinture de Juan M. Blanes (1830-1901) : "Conquista del Desierto". © Van Vdovin
Dans l’ouvrage de Gertz, on parle de la conception de la culture comme un système de symboles qui « dénote un schéma historiquement transmis de significations représentées en symboles. Un système de conceptions héritées et exprimées sous des formes symboliques par lesquelles les hommes communiquent, perpétuent et développent leur connaissance et leurs attitudes vis-à-vis de la vie » (Gertz, 1987 : 88). En ce qui concerne le cheval, diverses représentations symboliques ont été établies qui le situe comme partie intégrante et outil de la vie quotidienne des humains. A partir de là, on peut se demander quel système de valeurs s’articule autour de l’utilisation du cheval dans la région centrale de la province de Buenos Aires.
On voit que la figure du cheval occupe une place centrale à laquelle on attribue une valeur. A ce sujet, nous pouvons citer les travaux de Pitt-Rivers qui cherche à comprendre comment un système de valeurs se réfère à la façon dont les acteurs configurent et reconfigurent leur monde, en tenant compte du fait que « les concepts qui composent un tel système conservent leur signification exacte seulement dans l’environnement de la société qui les forme et qui résout, grâce à leur structuration interne, leurs conflits mutuels » (Pitt-Rivers, 1979 : 40). La figure équestre est représentée de diverses manières selon la position des acteurs dans le monde social, ce qui nous sert à étayer les propos de Pitt-Rivers qui associe la figure du cheval à l’appartenance des sujets au monde social qu’ils intègrent et dans lequel on définit l’image du cheval selon la profession, l’âge et la classe sociale des sujets (Pitt-Rivers, 1979 : 39).
Dans la région centrale de la province de Buenos Aires, on découvre des représentations du cheval qui prennent tout leur sens si l’on pense au cadre dans lequel elles se trouvent et au système de valeurs qu’elles intègrent. Ainsi, nous pouvons identifier l’utilisation du cheval comme symbole de conquête du territoire à exploiter/conquérir, situation qu’en Argentine on associe à ce que l’on appelle la « Conquête du désert » qui fait référence au phénomène d’expansion de l’État vers le sud. Ce processus s’est accompagné d’une campagne de valorisation symbolique dans laquelle on a cherché à associer l’idée de "désert" au territoire conquis par les indigènes.
Le billet de 100 pesos argentin présenté en introduction de ces quelques lignes était encore jusqu’à il y a quelques années le billet le plus précieux dans le pays. Nicolás Bang souligne que « L’image de Julio A. Roca est liée à la civilisation (...) désert qui doit être discipliné par la plume, la loi et l’épée. La civilisation s’impose face à l’anomie du désert » (Bang, 2016 : 03). La position du "conquistador", Julio Argentino Roca, montant un cheval robuste et harnaché illustre le processus de conquête qui précède l’occupation du territoire d’Olavarría.

Monument et fresque au combat de sierra chica (Novembre 2019)
La région utilisée pour la présente analyse a fait partie de ce processus d’occupation. S’y est déroulé le combat de Sierra Chica où les peuples natifs menés par les caciques Calfulcura, Catriel et Cachul, ont battu les forces expéditionnaires de Bartolomé Mitre, commandées par l’armée argentine, le 31 mai 1855[1] (Ratto : 2015). La fresque ci-dessus, mettant en scène des chevaux montés par les indigènes et la cavalerie argentine, rappelle ce combat. Les positions et l’équipement des cavaliers, ainsi que le harnachement des chevaux sont de nature différente. Les peuples autochtones brandissent des lances et des boleadoras tandis que l’armée argentine utilise des épées. Les premiers semblent se tenir sur le cheval dans une posture très libre, leurs corps dans la prolongation de ceux des chevaux, sans artifices intermédiaires du type selle.
Le cheval et son utilisation productive.
La région d’Olavarría est reconnue pour avoir des gisements de granit et de calcaire, situation qui a conduit à l’arrivée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle de migrants italiens, portugais et espagnols pour leur exploitation (Paz : 2012). Dans les carrières naissantes, les mineurs travaillaient avec les chevaux. Considérés comme un outil et un collègue, ils les plaçaient ainsi à leur niveau à la fois comme ouvrier et comme élément important à associer à l’image de la région.
Une enquête réalisée par Carlos Paz nous permet de relever les formes par lesquelles les ouvriers se représentaient le cheval dans le cadre de leur vie quotidienne. Celles-ci sont rattachées aux étapes qui rythmaient leurs journées de travail dans les carrières. Quelques dialogues saillants ressortent de ces échanges et viennent éclairer notre approche du geste technique équestre :
· “se cargaban en vagonetas y con los malacates los llevaban con caballo y todo a la boca del horno para descargarlo. (…) había caballos que trabajaban hasta 25 años (…) El caballo solo, sin que nadie lo dirigiera sacaba las vagonetas del lugar y llevaba las vagonetas hasta el punto donde nacía el malacate, De memoria volvía y se iba a buscar otra vagoneta y así siempre. Era increíble” (B. Molina. Archivo GIAAI .2006)[i].
· “El caballo trabajaba con una pechera, dos ganchos y una cadena con un fierro cruzado con el que arrastraba la vagoneta. Ese caballo arrastraba cinco o seis vagonetas. Los viajantes que venían al almacén iban a la cantera a ver porque no lo podían creer. El encargado de la carga solo lo dirigía tocándole un determinado costado al caballo y según donde lo tocara el caballo cambiaba la vía de carga, pero todo solo, nadie lo dirigía (…) Una vez que terminaba la tarea del día, el caballo se iba solo a la casa de su dueño. Al otro día lo silbaban, y venía solo caminando al lado del dueño y de los trabajadores para ir a la cantera como si fuera un compañero más”[ii].
· “en la calera teníamos una caballada de 25 animales, porque incluso los que tenían el trabajo más pesado se los hacía descansar dos días. Eran como otras personas, eran considerados compañeros por la gente de las canteras. Mi madre me contaba que en los viejos tiempos, las entradas y salidas del trabajo, se marcaban con una campana y eso era lo que marcaba los tiempos del trabajo, para iniciar o finalizar las tareas, era lo que fue luego el pito de fábrica. El caballo arrancaba cuando sonaba la campana y cuando sonaba la campana aunque faltasen cinco o seis metros para llegar al lugar donde tenían que descargar una vagoneta, por ejemplo, el caballo se detenía allí y hasta que no le quitaran el apero no se movía, no había caso. El trato hacia los animales era bueno, porque dependían de ellos, le aliviaban las tareas al hombre. Para llevar la cal a Azul, se usaban los caballos llamados “percherones”, muchos caballos en cada carro, tenían un “bazo” enorme. En el museo de Sierras Bayas tenemos una herradura, lo que da la idea del tamaño de estos animales. Los que manejaban los animales, eran los carreros, ya sea con el carro o con las vagonetas cada vagoneta tiene un sostén adelante, allí se engancha la argolla que la ata al caballo” (Atilio Ragnoli, entrevista para el proyecto del GIAAI, 2002)[iii].

Carrière Piatti où l’on peut voir des chevaux au travail. Archive numérisée. Proyectc G.I.A.A.I. (sans date)
A travers ces récits, nous pouvons visualiser comment les gens associent la figure du cheval à un élément d’importance pour leur vie quotidienne. Ils l’assimilent à une figure humaine, le considérant comme un ami plutôt qu’un outil adapté aux temps et à la pratique des travailleurs. Cela nous permet de voir comment ces pratiques ont produit des significations sur l’utilisation du cheval. Sur cette image, le positionnement des sujets dans le champ, qui sont en train de travailler, a une incidence sur les formes de représentation du cheval. Dans ce cas, il constitue une figure associée à la force qui allège la tâche des travailleurs (Héller : 1972).
Pour continuer approfondir l’étude de l’utilisation du cheval dans la région, nous pouvons faire état des recherches menées par Ormazábal (2019) dans lesquelles il fait le récit de la façon dont les tailleurs de pierre au milieu du XIXe siècle, utilisaient le cheval comme force de transport indispensable à une dynamique de production complexe. L’auteur affirme que la présence de fers à cheval marque clairement une préoccupation pour le bien-être des chevaux, qui étaient utilisés comme force de transport du minerai extrait par les tailleurs de pierre.
A travers son utilisation productive, la figure du cheval apparaît associée à la force et constitue donc un élément d’importance pour l’exploitation du territoire (Paz : 2002). Cette représentation s’inscrit dans le cadre de l’expansion de l’État argentin vers le sud, constituant la base de l’occupation et de l’utilisation des ressources offertes par cette terre. Il convient de mentionner à cet égard que dans la région est créé le régiment de cavalerie, lieu où se pratique l’équitation de polo et de saut d’obstacle et où la figure du cheval est associée à l’honorabilité (Bourdieu : 2012).
D’autres formes de représentation, sa pratique sportive et militaire.
On observe que dans la région d’Olavarría la pratique sportive du cheval se déroule dans des clubs hippiques et dans le régiment de cavalerie, où la figure du cheval a maintenu une centralité sans précédent. Il s’agit du seul endroit dans la région où il y a une forge fixe et un maréchal-ferrant pour le ferrage des chevaux.

Forge du régiment de cavalerie. (Novembre 2021)
Le régiment de cavalerie Lancers General Paz est une institution où la figure du cheval apparaît comme centrale. Cela est lié d’une part à son histoire militaire avec des batailles qui ont joué un rôle important dans la création de l’État argentin et d’autre part à la pratique équestre elle-même dans laquelle les traditions et les pratiques de la région sont encore maintenues. Ces espaces équestres ne sont pas accessibles au grand public, mais uniquement aux fonctionnaires et aux personnes issues des classes supérieures de la localité d’Olavarria.
Un sous-officier du régiment a déclaré que le régiment est un lieu "d’entreprise" où les chevaux sont gardés et entretenus. Ils appartiennent au régiment. On compte environ 50 chevaux, dont beaucoup appartiennent aux officiers qui les obtiennent après être sortis de l’école des officiers. Il convient de souligner que le régiment de cavalerie compte des vétérinaires, des infirmiers et dix soldats chargés des chevaux. On y trouve trois types d’équidés : ceux destinés au saut d’obstacle, ceux au polo et des criollos[2]. Les deux premiers sont les plus fragiles, les plus protégés et conservés dans les écuries.
Des exercices de saut d’obstacle se déroulent dans le régiment tous les samedis. Dans ce cadre, le geste équestre est directement associé aux formes constituées par le binôme cavalier-cheval. Un cavalier, Maxi, commente : « Se trata de un binomio que tiene que ir todo equilibrado, para eso hay que ir a la pista, de la mejor manera posible, con todos los elementos preparados, desde los protectores que van en la patas de los caballos y en las manos, en eso tenes que ir medio ajustado, que no esté muy apretado, con las vendas, eso le permite proteger la parte de la mango cuando salta una valla porque mientras va montando por ahí lo puede perder y generar un tipo de problema. Hay que estar seguro. Lo mismo con la cincha cuando se pone la montura, entre la cincha y el cuerpo del caballo tiene que pasar dos dedos, tiene que haber como dos dedos de distancia, como , para que no le quede muy apretado y tampoco tan flojo, eso puede ocasionar problemas cuando estés montando, se te puede aflojar la cincha y caer »[iv].

Position en équilibre. Photo partagée par informateur (Cctobre 2021).
Une bonne position est liée à la mise en place d’un équilibre et d’une connexion avec l’animal. C’est ce qui permet d’« acompañar el movimiento del caballo despues de saltar »[v]. Ce même cavalier souligne que l’on va « ver jinetes con los hombros hacia arriba, en una posición lo más recta posible mirando hacia adelante. Bueno todo esto hace que tanto el jinete y el binomio con el caballo, lo que representa es esto, el equilibrio y el bienestar del caballo al montar a caballo y no generar ningún problema ». Comme avec les tailleurs de pierre, un lien est établi entre le cavalier et l’animal, ce qui nous amène à penser que le geste est défini à partir de l’utilisation et du contexte d’utilisation du binôme qui est formé. Maxí ajoute « para mi es un animal hermoso, un hermano, es mejor que una persona [vi]». Cette affirmation nous sert à questionner la valeur affective qui entre en jeu dans le faire de la pratique équestre. Celle-ci semble se conformer au binôme qui s’établit entre l’animal et l’homme dans un temps et un espace commun.
Le travail de terrain montre comment la pratique équestre forme un ensemble de symboliques où est établie l’honorabilité des praticiens eux-mêmes. Maxi nous dit : « te unes a otros participantes, y hablamos de las cuestiones técnicas del concurso, de cómo fue el viaje, la familia, cada concurso es para todos nosotros un evento, una fiesta y lo que la mayoría de nosotros es disfrutar del caballo y montar a caballo ». Un tel processus forme un habitus qui se reproduit dans chaque pratique, avec une centralité sur le cheval, qui est cultivée dans sa pratique quotidienne. Bourdieu nous dit à ce sujet : « le sentiment d’honneur n’est autre que la disposition cultivée, l’habitus, qui permet à chaque agent d’engendrer, à partir d’un petit nombre de principes implicites, tous les comportements selon les règles de la logique du défi, de la réponse et de celles-ci, seulement grâce à tant d’autres inventions qui n’exigeraient nullement le développement stéréotypé d’un rituel » (Bourdieu, 2012 : 29).
A partir de tels habitus, on cherche à renforcer l’identité, une tradition. Pitt-Rivers rappelle que « le sentiment d’honneur inspire une conduite honorable, la conduite reçoit reconnaissance et établit la réputation » (Pitt-Rivers, 1979 : 19). On retrouve cette idée dans le commentaire suivant de Maxi : « Por reglamento y por tradición, hay que llevar las botas, las Breechesculottes de caballo, la camisa, el bolso y la corbata limpia, porque imitaría las cacerías de zorro de las campañas inglesas del siglo XIX, y también por respeto al público y al jurado ». Le sentiment d’honneur est vécu devant les autres (Bourdieu : 2012). Cela va au-delà du saut et s’exprime aussi après les concours car « También hay una tradición de brindar con un almuerzo durante la entrega de premios, siempre organizado por el club. De esta manera, la camaradería es también una manera de reconocer a los participantes que vinieron con sus caballos en sus carros que tuvieron que pagar las inscripciones del caballo y el alojamiento de los jinetes »[vii].
Maxi affirme que «el caballo representa nuestra cultura, nuestras raices, nuestra identidad, ligado al gaucho»[viii]. Cela fait écho à la façon dont comment la figure du cheval en argentine s’est construite à partir des traditions, de l’histoire et des circuits de participation des personnes dans leur vie quotidienne. En ce qui concerne Maxi, il est pertinent de confronter ses propos aux recherches de Garcia Canclini au sujet des formes de la contrainte par lesquelles se produisent des croisements et des échanges culturels. Le processus d’hybridation culturelle fait référence aux « processus socioculturels dans lesquels [certaines] structures ou pratiques discrètes, qui existaient séparément, se combinent pour générer de nouvelles structures, objets et pratiques » (García Canclini, 2006 : 19).
C’est ce que l’on retrouve dans la combinaison de la tradition anglaise du saut et de la posture du cavalier qui y est associée avec les constructions qui ont été réalisées sur le gaucho et qui sont typiques de la culture argentine. Dans ce cadre, Anderson Moebus Retondar rappelle que la « notion d’hybridation vise, dans ce cas, à surpasser les rapports d’opposition directe entre le populaire, le culte et le masse ; le ludique et le rationnel ; le mythique et le technologique ; en un mot, entre le traditionnel et le moderne, devenant une notion qui, fondée sur le principe de l’interculturalité et sur la coexistence de temporalités transhistoriques, nie la simplification binaire entre paires d’opposition conceptuelle comme modèle d’explication de la réalité et de la dynamique sociale en faveur d’une perspective qui reconnaît dans la fusion entre éléments apparemment disparates l’essence même de cette dynamique » (Anderson Moebus Retondar, 2008 : 7). L’utilisation de la notion d’hybridation culturelle permet d’observer comment dans la construction de la réalité on réintroduit constamment des éléments de la tradition en les restaurant.
Considérations Finales.
Comme on l’a vu, la figure du cheval occupe une place centrale en Argentine à partir de laquelle ont été menés des processus professionnels, culturels et sociaux dans lesquels se reproduisent habitus et pratiques d’honorabilité qui produisent des significations autour de la figure équestre. En ce sens, la figure du cheval permet de penser la subjectivité de la culture en comprenant les pratiques humaines et les structures de signification des acteurs. Cela nous invite à voir comment un symbole peut être un événement, un objet qui mobilise des idées, des positions, des significations et qui servent d’information, répondant en cela à ce travail qui cherche à entrevoir comment autour de la figure du cheval et de son geste se manifestent des processus de production culturelle.
Bibliographie
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Garcia Canclini, Nestor, Cultures hybrides, México, GRIJALBO, 1990.
Geertz, Clifford, L’interprétation des cultures, México, GEDISA, 1987.
Heller, Agnes, Histoire et vie quotidienne : contribution de la sociologie socialiste, Madrid, GRIJALBO, 1972.
Mauss, Marcel, « A expressão obrigatória de sentimentos » dans R. Cardoso de Oliveira
(dir.), Sumario, Sao Paulo, Atica. 1979, p.147-153.
Moebus Retondar, Anderson, «Hybridisme culturel : clé analytique pour comprendre la modernisation latino-américaine? La perspective de Néstor Garcia Canclini», Sociológica ( Mex), n°67,2008. Mis en ligne le 01 agout 2016, consulté le 01 june 2022. URL: http://www.scielo.org.mx/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0187-1732008000200003&lng=es&nrm=iso>.. ISSN 2007-8358.
Paz, Carlos Alberto, « Tecnología, Capitalismo e Impacto Ambiental. Las transformaciones socioeconómicas, estructurales y ambientales del subsistema minero de Olavarría », Mémoire du Master de gestion de l'environnement du développe urbaine, Universidad Nacional de Mar del Plata, 2001, 355 p.
Paz, Carlos, Mariano, Carolina Inés (eds.), Inmigrantes italianos en las canteras de Sierra Chica: el abordaje interdisciplinario de los saberes, las memorias y la cultura material de un centro histórico de la producción minera del granito: Olavarría, Buenos Aires, Argentina, Edición Facultad de Ciencias Sociales, Universidad Nacional del Centro de la Provincia de Buenos Aires, Argentina, 2016.
Pitt- Rivers, Julian, L’anthropologie de l’honneur ou Politique des sexes. Barcelona, CRITICA, 1979.
Ratto, Silvia «Réseaux politiques à la frontière de Buenos Aires1836-1873 : chronique d’une fin annoncée »:. - 1a ed. - Bernal : Universidad Nacional de Quilmes, 2015. E-Book. ISBN 978-987-558-355-9 1. Historia Argentina. I. Título CDD 982.
[1] La conquête du désert commence le 5 mars 1872 [2] Ceux-ci sont utilisés pour l’entretien du régiment, la pratique du polo amateur, et pour l’apprentissage des débutants. Il convient de mentionner qu’il s’agit d’une race originaire d’Andalousie et qu’elle était prédominante jusqu’à la fin du XXe siècle en Argentine.
[i] « Ils étaient chargés sur des wagons et avec les treuils ils les emmenaient, cheval et tout, jusqu'à la bouche du four pour les décharger [...] il y avait des chevaux qui travaillaient jusqu'à 25 ans [...] Le cheval seul, sans que personne ne le dirige, sortait les wagons de l'endroit et amenait les wagons jusqu'au point où naissait le treuil. De mémoire, il revenait et allait chercher un autre wagon et toujours comme ça. C'était incroyable. » (B. Molina. Archive GIAAI. 2006). [ii] « Le cheval travaillait avec une harness, deux crochets et une chaîne avec un fer croisé avec laquelle il tirait le chariot. Ce cheval tirait cinq ou six chariots. Les voyageurs qui sont venus à l'entrepôt sont allés voir à la carrière parce qu'ils ne pouvaient pas y croire. Le responsable de la charge ne la dirigeait qu'en touchant un certain côté du cheval et selon l'endroit où il le touchait, le cheval changeait la trajectoire de la charge, mais tout seul, personne ne la dirigeait (...) Une fois le travail de la journée terminé, le cheval rentrait seul chez son propriétaire. Le lendemain, on le sifflait, et il venait seul, marchant aux côtés du propriétaire et des ouvriers pour se rendre à la carrière, comme s'il était un compagnon comme les autres.» [iii] « Dans le four a chaux, nous avions un troupeau de 25 animaux, car même ceux qui avaient le travail le plus lourd devaient se reposer pendant deux jours. Ils étaient comme les autres, ils étaient considérés comme des compagnons par les gens des carrières. Ma mère m'a raconté qu'autrefois, les entrées et sorties du travail étaient marquées par une cloche et c'est ce qui marquait les temps de travail, pour commencer ou terminer les tâches, c'est ce qui est devenu plus tard le sifflet de l'usine. Le cheval démarrait quand la cloche sonnait et quand la cloche sonnait, même s'il y avait cinq ou six mètres à parcourir jusqu'à l'endroit où ils devaient décharger un wagon, par exemple, le cheval s'arrêtait là et jusqu'à ce qu'ils enlèvent l'outil, il ne bougeait pas, quoi qu'il arrive. Le traitement des animaux était bon, car ils dépendaient d'eux, ils soulageaient l'homme de ses tâches. Pour transporter la chaux à Azul, ils utilisaient des chevaux appelés "percherones", plusieurs chevaux par charrette, ils avaient une énorme "bazo". Dans le musée de Sierras Bayas nous avons un fer à cheval, qui donne une idée de la taille de ces animaux. Ceux qui conduisaient les animaux étaient les "carreros", soit avec la charrette, soit avec les chariots, chaque chariot ayant un support à l'avant, où s'accroche l'anneau qui le lie au cheval. » (Atilio Ragnoli, interview pour le projet du GIAAI, 2002). [iv] « C'est un binôme qui doit être équilibré, pour cela il faut aller sur la piste, de la meilleure façon possible, avec tous les éléments préparés, depuis les protections qui vont sur les jambes des chevaux et sur les mains des cavaliers. Il faut les serrer à moitié, c'est-à-dire pas trop serré. Les bandages, permettent de protéger la partie du membre quand il saute une barrière. Pendant que vous êtes à cheval, vous pouvez le perdre et générer une sorte de problème. Vous devez être sûr. De même avec la sangle lorsque vous mettez la selle. Entre la sangle et le corps du cheval, vous devez avoir deux doigts, il doit y avoir environ deux doigts de distance, de sorte qu'elle ne soit pas trop serrée et pas trop lâche, ce qui peut causer des problèmes lorsque vous montez, vous pouvez desserrer la sangle et tomber. » [v] « Accompagner le mouvement du cheval puis [de] sauter. » [vi] « Pour moi, c’est un bel animal, c’est un frère de plus, tu t’attaches, pour moi c’est le meilleur ami de l’homme » [vii] « il y a une tradition aussi de porter un toast avec un déjeuner pendant la remise des prix, c’est toujours organisé par le club d’accueil. De cette façon, la camaraderie est également une façon de reconnaître les participants qui sont venus avec leurs chevaux dans leurs chariots qui ont dû payer les inscriptions du cheval, l’hébergement des cavaliers. » [viii] « Le cheval en lui-même représente notre culture au sens large, nos racines et notre identité, il est lié au gaucho. »


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