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(II) Spectacle et animation équestre

Dernière mise à jour : 27 nov. 2022

Une approche anthropologique

du concept des « techniques corporelles » dans la pratique de l'équitation à Chantilly.


Équitation et spectacle : le cas du Musée Vivant du Cheval de Chantilly Dans la continuité de cette présentation conceptuelle, nous allons passer maintenant à une tentative de recherche appliquée en reprenant les questions posées au début de cet article : comment penser à la pratique de l'équitation et plus précisément, à quelles notions sommes-nous confrontés lorsque nous parlons de cette pratique ? Pour tenter d’y répondre, nous analyserons le cas du Musée Vivant du Cheval de Chantilly. Nous verrons que la Compagnie Équestre des Grandes Écuries de Chantilly a la particularité de former des cavalières pour des spectacles et animations équestres. Combinant théâtre et équitation, les créations sont écrites par Sophie Bienaimé, coordinatrice et directrice de l'académie. A l’occasion de notre visite, un enregistrement filmé de la période de détente ou « d’échauffement » précédant le spectacle a été réalisé. Les questions posées étaient orientées sur la pratique et le lien avec le cheval dans la réalisation du geste technique. Notre formatrice, Anne Sophie Rieth, a participé à la démonstration. En tant que spécialiste du sujet, elle nous a permis de tisser des liens avec Sophie Bienaimé, de comprendre et

de guider l’entretien. L'équitation est considérée comme l'art et la pratique de monter à cheval. Elle est également classée comme discipline sportive. Ce qui différencie cette pratique des autres sports et de ce qui relève des arts du corps comme l’escrime ou la danse, c'est qu'elle se pratique en collaboration avec un animal, le cheval. De manière générale, la pratique de l'équitation se réfère non seulement à la position du cavalier lorsqu'il est à cheval, mais également à la capacité du cavalier à fonctionner correctement et avec les aides appropriées. Cette idée fait référence au fait que la pratique fonctionne lorsque d'autres facteurs sont également impliqués comme la performance du cavalier, de l'utilisation des aides à la conduite de l’animal, du port de vêtements adéquats, de l'équipement ainsi que d'un nettoyage correct de l'animal, etc. La performance de l'équidé n'est pas jugée par elle-même car elle dépend de la capacité du cavalier. Comme cela nous a été expliqué par Sophie Bienaimé pendant l’entretien, les équidés utilisés pour la pratique du spectacle équestre sont sélectionnés pour cette discipline. Bien que chaque type de cheval ait des caractéristiques et des qualités particulières, elle recherche des équidés ayant une structure solide tout en étant flexibles et agiles. Ils doivent être actifs, vifs et dotés d'une énergie particulière pour la spécificité de cette discipline. Il faut y associer une bonne technique, afin qu’ils puissent surmonter les obstacles et les contraintes de cette pratique liée à ce que l’on appelait l’art équestre sans difficultés majeures. Le cavalier et le cheval doivent former une équipe. Les deux doivent travailler avec des actions coordonnées. Le cheval doit répondre aux ordres et aux directives de son cavalier. Celui-ci doit comprendre et connaître son cheval. Cela passe par l’appréhension et la capacité à savoir lire les signaux comportementaux de l’animal. Il est essentiel de comprendre que cette activité, lorsqu'elle est exercée conjointement avec un autre être vivant, favorise la création d'un lien particulier entre les deux. Alors que dans d'autres sports comme le football ou le hockey, le groupe humain est lié aux objets (balles, bâtons, etc.), en équitation le sujet est lié au cheval. On parle de lien car c'est à partir du contact de la personne avec le cheval que peuvent émerger différents gestes ou mouvements qui sont ensuite projetés et répétés avec le même animal. Comme cela a été exposé dans l'entretien et dans les observations de la pratique, il est important de parler de lien car il met l'accent sur l'idée d'une relation « bidirectionnel » et d'une affection mutuelle. Le cavalier transmet au cheval une série de gestes, de mouvements et de sentiments pour lesquels on peut penser que le cheval accomplit en retour certaines actions et / ou certains comportements. Il est intéressant et essentiel pour ce travail de penser que le corps du cavalier et de l'animal passent par des processus de similitude. Cela implique ensuite de s’interroger sur ce qu'est réellement ce lien. Nous ne pouvons ignorer le fait qu'il y ait des constructions et des perceptions sociales et historiques dans la relation, des impositions (par le dressage) et la persistance de discussions biologiques, anthropologiques et philosophiques sur la nature / culture, la relation humaine / animale. Reprenant la pratique et par rapport à l'idée de technique corporelle de M. Mauss, on pourrait penser qu'il y a d'abord un détachement du corps de l'individu qui devient objet de réflexion et de

travail et ensuite le processus d'incorporation de sa technique (il s'instruit au corps), de telle sorte que le corps se matérialise par la réitération des règles corporelles de l'équitation. Comme dans de nombreux sports, l'équitation est traversée par des techniques corporelles efficaces pour la discipline. Dans le processus d'entraînement du cavalier, le corps doit s'établir dans le lien avec l'animal. Cette relation complexe est marquée par une forte subjectivité, entre la personnalité du cavalier et du cheval. De cette relation et de ce lien naissant dépend toute la pratique, le rappelle Sophie Bienaimé :

[...] c'est vraiment très important [...] l'importance d'une connexion avec l'animal [...] dans les exercices [...] on va avoir des transitions pas cassées avec du beau geste et ça, en fait, la simplicité c'est énorme, c'est super dur, c'est comme le geste le trait par exemple du dessinateur. En fait, faire un cercle, ça semble pas, mais en fait un cheval quand il est jeune c'est comme un bâton, donc le but c'est qu'il s'incurve, qu'il fasse de belles lignes. Donc tout ça c'est vraiment de la finesse, on va passer notre temps à avoir des sensations et rechercher cette connexion à l'animal. Donc, il y a une vraie relation d'amour. On dit aussi que les chevaux sont notre miroir. Donc c'est sûr ça aussi. Moi j'ai pas de chien, la connexion avec le chien est sympa. Bah nous, c'est pas des chiens, mais on a un vrai lien, ils nous connaissent, on les connaît par cœur, on sait quand ils sont fatigués, quand ils vont bien, quand ils sont en forme. On va les emmener en forêt. En fait, on fait plein de choses. Ils doivent toujours être bien. Et nous aussi quand on est fatigué, il vaut mieux aller en forêt s'oxygéner et se réénergiser plutôt que de mal monter. Ça aussi ça fait partie du savoir. Nous aussi on est un peu des athlètes. Enfin beaucoup moins qu'eux. Mais ça permet aussi, il faut avoir le feeling, donc c'est beaucoup de feeling, beaucoup dans les sens » (Extrait de la vidéo réalisée le 16 décembre 2019)

Le corps en pratique, comme tout sport, doit être doté d'une série de « conditions » anatomiques pour permettre l'incorporation de la technique. On pourrait penser que dans l'entraînement au spectacle et les habiletés acrobatiques, la recherche du cavalier est liée à un idéal de perfection lié à la légèreté, à la grâce et au défi de la gravité. Comme nous avons pu l’observer au moment du spectacle, les airs de basse école, les sauts, la coordination entre les différentes parties, impliquent non seulement une préparation difficile pour l'animal mais également pour les cavaliers. Par conséquent, comme en danse, les deux parties devront probablement faire face à une formation contraignante et laborieuse. En ce qui concerne les observations faites, on pourrait penser que l'entraînement à l'équitation se caractérise par des actions répétitives et lentes. On peut dire que l’entraînement est un investissement corporel en temps, tant pour le cavalier que pour le cheval. Le film de la détente montre clairement comment la répétition et le temps sont pleinement intériorisés dans la pratique. Cette répétition conduit à une introspection et à une introspection continue : le cavalier recherche un fil de connexion (communication) entre son corps et son mouvement avec celui du cheval. La répétition est un outil essentiel dans la méthodologie d'apprentissage de nombreux sports. Par conséquent, et comme nous l'avons observé, une socialisation avec le corps se développe constamment, mais non seulement dans le but de respecter et d'exécuter la technique de l'équitation, mais aussi toutes ses dérivations : l'adaptation de la technique à l'espace, aux

vêtements, au spectacle, à la musique et aux lumières, au public, etc. L'un des objectifs les plus importants de la pratique de la dextérité dans l’équitation est de travailler la sécurité et la confiance. En effet, il y a des chevaux extrêmement grands dont leurs cavaliers peuvent avoir peur par exemple. La sécurité est assurée par la maîtrise de la technique et la connaissance de la situation (anticiper et anticiper la réaction du cheval à chaque situation). Le cavalier doit être ferme, doit donner l'ordre et garder le contrôle, mais pour cela il faut connaître et établir une relation avec le cheval. Il y a une communication à travers des mouvements entre les deux parties : si le cavalier crie ou fait un mouvement exagéré, le cheval a peur et peut essayer de fuir, si le cavalier fait des mouvements lents et amicaux, le cheval n'interprète pas la menace. Nous devons garder à l'esprit que l'humanité a historiquement renforcé sa supériorité sur les autres espèces animales par la domination, l'imposition et la violence. L'évaluation éthique de la relation homme-animal fait actuellement débat. Comme nous pouvons le voir dans l'extrait suivant de la vidéo, la manière dont l'animal est considéré est centrale dans la pratique :

Anne-Sophie Rieth : « Bien toujours avoir des temps de pause, de récupération, parce que mentalement le cheval à besoin, voilà un effort fourni, et physiquement il a besoin d'avoir des temps » Sophie Bienaimé : « on fait souvent des pauses. En fait comme on sollicite les muscles, j'ai compressé, compressé, donc là pouf, on relâche et on reprend. Et c'est toujours, ça c'est ce que j'ai vraiment appris avec les chevaux, c'est la pensée positive, c'est à dire que tout ce qu'ils font bien, vous le félicitez, toujours. Tout ce qu'ils font pas bien c'est parce que vous avez leur avez pas bien fait comprendre. Ils comprennent pas. Il faut qu'on communique entre nous [...] En fait il faut qu'il ait du plaisir. C'est vraiment important et donc c'est toujours se remettre en question parce que le pauvre animal, il vous comprend pas. Alors il y a des gens qui s'énervent sur les chevaux, mais ils n'ont rien compris, parce que c'est d'abord à nous de savoir bien expliquer. Et d'ailleurs on dit qu'il faut un vieux cheval bien dressé qui est le professeur. Et nous maintenant, nous on est capable de dresser les chevaux. Donc après on va dresser les chevaux et on va pouvoir le donner, donner notre cheval à quelqu'un qui sait pas monter, en donnant les bons codes, parce que le cheval il fera que si on fait les bons codes et donc qu'on place nos jambes, notre poids, etc. Et donc ça devient que cheval devient professeur. Donc on a tous appris sur des vieux chevaux bien dressés, qui nous transmettent. Et il faut trois ans pour dresser un cheval avant de mettre en spectacle. » (Extrait de la vidéo réalisée le 16 décembre 2019)

En ce sens si l’on concentre l'analyse sur la proposition du concept de Mauss, on travaillerait sur les positions et les usages des techniques corporelles mais, nous ne parlerions pas du corps des acteurs, de la façon dont ils affrontent les techniques corporelles d'une discipline, de ce qu'ils ressentent, de leurs expériences, du sens qu'ils confèrent au corps. Cela ne veut pas dire que les interprétations de Mauss étaient fausses, mais plutôt qu'elles sont insuffisantes car il ne s'approche pas de la matrice du geste de la part des acteurs. L'équitation dans ce cas est une pratique d'éducation du corps, avec certains cadres d'action basés sur le contrôle et le respect des normes. L'auteur Lyon, intéressée par les premières tentatives de Mauss pour étudier le corps dans un contexte socioculturel, part de l'idée que le corps est à la fois matériel et social, ajoutant dans son

analyse le processus de construction des techniques corporelles, la considération que dans ses utilisations quotidiennes le corps est chargé d'émotions et de sensations. D'autre part, Crossley a développé le concept de « techniques réfléchissantes du corps » (RBT), ajoutant à celui des « techniques corporelles » la question de la réflexivité et de l'incarnation. Cet auteur suppose que le concept de Marcel Mauss (avec sa conjonction entre le social, le corporel et le cognitif) est fondamental pour la sociologie et l'anthropologie du corps, mais note encore que Mauss ne considère pas que certaines techniques corporelles répondent à des exigences de situations spécifiques, ni la capacité qu’elles ont de constituer les acteurs eux-mêmes dans la pratique. Il définit les techniques corporelles réflexives comme « ces techniques corporelles dont le but principal est d'effectuer des travaux sur le corps, de le modifier, de le maintenir ou de le thématiser d'une manière ou d'une autre » (Crossley 2005 : 9; propre traduction). Plus indirectement, nous pensons que les traces de Marcel Mauss se retrouvent également dans toutes ces œuvres qui abordent la question du corps en tant que produit socioculturel, et surtout dans celles qui se consacrent à l'étudier dans sa matérialité et non seulement à partir de leurs représentations. On peut voir que la technique de conduite est visible dans le corps. Dans le processus d'apprentissage, le cavalier et le cheval apprennent une série d'étapes qui les conduisent à un langage corporel qu'ils intègrent à travers le langage technique de l'équitation. Et dans le cas particulier des de la Compagnie Équestre des Grandes Écuries, le corps est construit et éduqué selon le modèle spécifique de la formation professionnelle. Lorsque vous apprenez l'équitation, tout comme quand vous apprenez une danse par exemple, vous apprenez à connaître le corps, ses limites, ses possibilités de mouvement par rapport à la discipline. Il y a dans cette pratique l'exploration consciente du corps anatomique et de son mouvement, ainsi que l'exploration consciente de la relation cavalier-cheval. Par conséquent, chaque expérience, chaque processus d'apprentissage et chaque lien homme-animal sont particulièrement subjectifs et uniques. La technique existe en référence à un modèle idéal, la conscience acquise du corps est liée ou non à son adéquation et c'est là que l'expérience de chaque acteur social prend le devant de la scène. Dans ce cas, chaque expérience est importante pour une meilleure analyse car, comme le soutient l'auteur Mora à propos de la danse, « l'expérience est la base du schéma corporel, et donc chaque geste appris y est enregistré » (Mora, 2008 : 9, propre traduction). Approches finales : défis méthodologiques pour étudier les techniques, les gestes et les mouvements Les études anthropologiques ont montré que les personnes et les groupes de personnes construisent leurs propres gestes, expressions, modes de perception et techniques de mouvement corporel quotidien, rituel et esthétique. Ces études ont également montré les différentes représentations et significations culturelles élaborées autour des corps, mais depuis quelques années, la corporéité est comprise comme une perspective d'analyse intégrée à l'étude de diverses problématiques socioculturelles. Les corps ne sont alors plus traités comme des "objets" d'études spécifiques mais sont reconnus dans leurs dimensions constitutives et incontournables de toute pratique sociale. En d'autres termes, pour continuer à se développer, il est nécessaire de

repenser certaines des questions relatives à l'équitation en relation avec la catégorie d'identité et de genre ou bien encore l'articulation du genre et de la classe sociale. Le fait de prêter attention à ces catégories permettrait d'éviter certains écueils liés à l’objet de notre étude. En ce sens, une référence pour ce travail pourrait être la notion de pratique et de corps de Pierre Bourdieu. Il serait intéressant de discuter et de repenser certains éléments du concept d'habitus de Bourdieu : la relation du corps dans l'exécution des pratiques sportives, une relation qui s'inscrit dans l'habitus. Pour ce faire, il serait important d'analyser les habitus des participants - associés à des classes sociales spécifiques - dans le domaine de l'équitation. Nous pourrions ainsi analyser comment la notion d'habitus peut expliquer les variations produites dans le choix des activités et les différentes façons de les pratiquer. "La distinction" de 1979 a été l'une des études les plus importantes de l'auteur dans laquelle il a mis en relation la division en classes avec les différents modes de vie et avec le goût social dans la société française des années soixante-dix. En ce qui concerne la question du genre, il serait intéressant de réfléchir aux raisons pour lesquelles l'équitation, selon les termes de la Fédération Française d'Équitation (FFE), est le premier sport féminin en France. Près de 80% pratiquants sont des femmes et la Compagnie Équestre des Grandes Écuries ne fait pas exception, puisque tous les participants sont des femmes comme l’a rappelé Sophie Bienaimé. Il serait intéressant d'étendre l'étude de la corporéité, des identités et de leur représentation autour des pratiques sportives. L'équitation comme lieu d'étude de l'idée du corps comme construction sociale permettrait d'élargir les discussions sur le genre et le sport et les modalités possibles pour l'aborder. D'autre part et par rapport à l'étude des "techniques corporelles", l'un des défis consiste à répondre à la question de savoir comment étudier une technique, un geste et, en ce sens, comment les étudier dans la relation humain-animal. Si pour l'équitation la base est dans le lien avec le cheval, on pourrait penser que l'essentiel dans l'apprentissage et dans toute la pratique n'est pas la parole mais le geste et le mouvement. Tirer des conclusions dans ce travail est un peu complexe, car nous pensons qu'il y a des éléments participant à l'univers de l'équitation sur lesquels il serait nécessaire de s’attarder. Il semble donc important de souligner la manière dont ce travail suggère un point de départ pour des recherches futures. Comme nous l'avons vu, dans sa phase d'apprentissage et de transmission des connaissances, la technique de l'équitation n'a de sens et d'importance que dans la consolidation du lien avec le cheval. Ainsi, l'équitation et la spécificité de la technique de l'habileté permettent au cavalier de contrôler son corps et celui du cheval. C'est cette maîtrise de la technique qui permettra paradoxalement de ressentir une liberté de mouvement et une sécurité avec l'animal pour réaliser le spectacle. Il est nécessaire de mieux comprendre la relation avec le cheval, quels sont les chevaux qui sont utilisés et pourquoi, comment le cheval est "éduqué", quels sont les méthodes de dressage qui existent, etc. Le concept de Marcel Mauss sur les techniques corporelles est intéressant mais limité. L'équitation exige que tout cavalier, qu’il soit professionnel ou non, développe des aptitudes physiques, psychologiques et émotionnelles. La manière technique dont le lien avec le cheval est établi conditionne le cavalier mais, aussi, la pratique est conditionnée par la manière dont le cavalier perçoit et utilise les outils et techniques appris. En ce sens, il serait nécessaire d'étudier les

différentes méthodologies d'enseignement concernant la pratique, l'apprentissage et l'expérience des cavaliers lorsqu'ils associent d'autres significations, émotions et représentations ou les gestes ou mouvements définis dans la pratique équestre. Nous partons de l'idée, telle que soutenue par la personne interrogée, que la méthodologie de l'équitation considère l'individualité de chaque personne et de chaque animal : le cavalier doit s'approprier la technique, les gestes et les mouvements, les faire siens et permettre de construire le lien avec le cheval. De plus, quelles sont les approches, les perspectives et les outils méthodologiques à utiliser pour aborder cette étude. En ce sens, nous pensons que les techniques d'enregistrement telles que la vidéo et la photographie, l'observation /participation et les interviews peuvent aider à mieux comprendre et étudier les « techniques corporelles ». En termes d'approche, on pourrait dire que, pour l'étude du corps, l'ethnographie a pris une grande importance dans la recherche sociale. En plus de promouvoir ces instances qui dénaturent les notions sociales, elle permet de reconceptualiser les processus socioculturels. Bien qu'elle parte de ce que l'on appelle plus classiquement la petite échelle, elle permet des généralisations suffisamment puissantes pour comprendre les macros processus et de s’interroger sur les processus de diversité, d'inégalité, de préjugés, de discrimination, de stigmatisation, d'identité, etc. Deuxièmement, elle permet de travailler avec ses propres hypothèses et de réfléchir aux problèmes sociaux afin de mieux comprendre leur complexité. La mise en œuvre d'actions liées à la recherche implique le développement d'une attitude renouvelée face à la connaissance, d'un esprit curieux, qui remet en question en permanence les connaissances construites pour tenter de les optimiser.


IM. : ©Florencia Fernández Bartolini




Sources :

Bourdieu Pierre, El sentido práctico, Madrid, Editorial Taurus, 1991.

Crossley Nick, « The Circuit Trainer’s Habitus: Reflexive Body Techniques and the Sociality of the Workout », Body & Society, t. 10, n° 1, 2004, p. 37- 69.

Fédération Française d'Equitation: https://www.ffe.com/

Le Breton David, « Antropología del cuerpo y modernidad », Buenos Aires, Nueva Visión, 2002.

Lyon Margot, « The Material Body, Social Processes and Emotion: `Techniques of the Body’ », Body & Society, t. 3, n° 1, 1997, p. 83- 101.

Marcel Mauss, « Les techniques du corps » Article originalement publié Journal de Psychologie, XXXII, 1936. Communication présentée à la Société de Psychologie le 17 mai 1934, 23 p.

Marvin, Garry, Susan McHugh, « In it together: An introduction to human-animal studies », en Garry


Marvin y Susan McHugh (dir.), Handbook of Human-Animal Studies, Londres, Routledge, 2014, p. 1- 9.

Mora Ana Sabrina, « Cuerpo, género, agencia y subjetividad », Communication présentée dans le V Journées de Sociologie à l’Université de La Plata, 2008, 21 p.

Silvia Citro, « Cuerpos significantes: Travesías de una etnografía dialéctica », Buenos Aires, Biblos 2009.

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